L'imagination et l'amour
Définition:
Faculté de créer, d'inventer. Faculté de se représenter des choses irréelles ou qui correspondent à des perceptions antérieures(...).signifie encore Pensée, conception.
L'imagination est quelque chose de propre à l'humain. On peut alors se demander pourquoi. A quoi sert l'imagination? Elle peut être mécanisme de défense permettant de se rassurer en fuyant la réalité. Mais elle peut parfois submerger et être source d'angoisse (comme par exemple la femme qui s'imagine que son mari va la tromper).
Pour Bachelard, l'imagination consiste à "déformer les images fournies par la perception". Exemple classique dans mon cas, ma perception me dit que ce type est un crétin, mais mon imaginaire se prend à me laisser penser qu'il va changer
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Mais je pense qu'il faut aller plus loin, imaginer, ce n'est pas seulement déformer la réalité, c'est aussi parfois une conception de l'esprit d'un objet (au sens psycho) non accessible. Outch c'est pas très clair là ![]()
J'explique: Il arrive souvent que nous n'ayons pas accès à une réalité parce qu'elle ne dépend pas de nous, on ne peut que tenter de la DEVINER. La pensée se construit alors pour tenter de DEFINIR ce qui pour une raison ou une autre ne peut l'être.
L'exemple le plus flagrant, c'est celui de la femme enceinte. On parle de bébé imaginaire. Le femme qui porte la vie ne connaît pas cet enfant en devenir, elle l'imagine, fille, garçon (l'écho souvent répond à cette question), mais aussi caractéristiques physiques (blond/brun), psychologiques (calme, dynamique), affectives (ayant besoin de contacts physique/ ou pas)... Les 9 mois permettent de construire cet enfant imaginaire, puis de le défaire, le plus possible, afin que le deuil de l'enfant imaginaire n'intervienne pas de façon trop brutale, ce qui pourrait nuire à la construction du lien mère/enfant. Toute femme, et j'avancerais même, tout futur parent, construit son enfant imaginaire (elle fera de la danse, il fera du foot) en fonction de son histoire de vie, de sa culture, de ses aspirations, du contexte... Un exemple flagrant: Aucun parent ne se dit "chouette notre enfant sera handicapé!". Une mère n'imagine pas que son enfant puisse être handicapé, et c'est bien pour cette raison que c'est aussi douloureux d'entendre le diagnostic.
Finalement, on peut penser que notre imagination tient compte de nos exigences. Parce que c'est vrai, au fond, si on ne s'attendait jamais à rien, on ne serait jamais déçu(e)s.
Qui ne s'est jamais "fait un film" sur comment allait se passer tel ou tel événement? Et puis des choses aussi simples que "quelle tête aura le recruteur avec qui j'ai rdv? Que va me répondre mon banquier? Comment les gens me perçoivent-ils? Que pensent-ils de moi? Est-ce que je lui plais? Est ce que je lui plais autant qu'il me plait?..." L'imagination ce sont toutes ces choses que l'on va se dire pour tenter de se rassurer ou qui vont nous angoisser sur les questions que l'on se pose.
Je parlais dans un article des relations qui se nouent sur le net, c'est un bel exemple. Lorsqu'on rencontre quelqu'un sur un site de rencontre ou autre, on s'imagine forcément à un moment ou à un autre "quelle tête il a? Est-ce qu'il est vraiment ce qu'il donne à voir? Est ce qu'il va me plaire? Est ce que je vais lui plaire? Et si je ne lui plaisait pas?" Tous ces doutes qui nous font cogiter peuvent nous amener à prendre peur, à retarder l'instant de la rencontre. Et puis parfois, il se passe un petit miracle qui permet de dépasser l'imagination, quand l'autre dit "je t'apprécie pour ce que tu es. J'ai l'impression de vraiment te comprendre".
La mise en sommeil de l'imagination, c'est l'éveil du désir. parce que comme le disait jean luc cette semaine sur france 2, "on n'est jamais bien au royaume des bisounours"
Quand une relation amoureuse nait, abandonner sur le seuil notre imagination peut nous ouvrir un espace de possibles, ou le plaisir de vivre l'instant nous permet de gagner en spontanéité et d'accepter l'autre comme il est plutôt que pour ce qu'il nous renvoie de nous-même, parce que lorsque nous cessons d'imaginer, nous prenons les choses comme elles sont. Et alors, enfin nos peurs les plus archaiques s'évanouissent, et ne reste qu'une envie, celle d'aller à la rencontre de l'autre.