Et le prince charmant l'emmena sur son beau cheval blanc...
Pourquoi tant de femmes (moi en tout cas) continuent de rêver à cette niaise utopie et à s'émouvoir sur les contes de fées, écrits ou télévisés???
Le père Noël qui rapporte des jouets aux enfants, c'est magique, c'est charmant, et c'est aussi sans doute, pour nous, parents, une façon d'être modeste dans le don de soi qui caractérise l'acte d'élever... Mais ça ne dure qu'un temps. Un beau jour, les enfants finissent tous par nous dire "Arrête maman/papa, le père Noël il existe pas, c'est les parents qui mettent des cadeaux au pied du sapin".
Et pourtant, le mythe du prince charmant, tandis qu'il ne fait que nous conforter dans une image altérée de la vie, nous empêchant de l'apprécier dans sa médiocrité, continue de nous hanter.
Ce soir j'ai eu l'occasion de regarder deux films que je n'avais encore jamais vu: 27 robes, avec Catherine Heigl, et l'un des derniers walt disney (franchement le meilleur de tous à mon goût) Il était une fois.
Et devant la beauté de ses histoires, célibattante aguérie que je suis, je ne peux m'empêcher de sortir la boîte de mouchoirs, me disant "si ça pouvait m'arriver à moi..."![]()
Le monde est-il si cruel, pour ne point se contenter de ne nous donner que du temporaire et du difficile en nous faisant miroiter l'impossible, l'amour magique et foudroyant qui perdure dans le temps?
Pourtant les contes de fées, ou films à l'eau de rose, d'aujourd'hui ont évolué. Ce n'est plus aussi lisse, la pauvre paysane qui devient princesse, le prince parfait, et la vilaine sorcière qui finit toujours par perdre, abandonnant son royaume à sa divine rivale (pas du tout interessée par le pouvoir).
Les personnages de ces nouvelles histoires, qui sucitent sans doute autant de critiques acerbes et ironiques que de moments de plaisirs chez les spectateurs, sont névrosés, touchants de maladresses, jaloux et parfois ciniques. Ils se trompent, ils tatonnent. Ce sont des mr et mme tout le monde.
Sauf que la fin, c'est toujours le grand feu d'artifice du bonheur, comme si après cet instant - le baiser, le "je t'aime", le mariage...- le temps se figeait et l'histoire ne connaissait plus aucun rebondissement.
Comment avons nous été conditionnées de la sorte pour nous laisser prendre à ses divagations irréalistes?
Et quand je me sens touchée par de si belles et fictives histoires, j'en viens à me demander "Y-a-t-il sur cette foutue planète un seul crapaud qui puisse un jour sous un baiser de mes lêvres déposé se voir adopter le comportement, non pas d'un prince, mais d'un homme charmant?"
Et puis, à quel moment, pour quelles raisons, de quelle façon les hommes ont-ils perdu ce goût de faire la cour aux dames, qui sommeillent en nous, femmes célibataires et battantes de notre temps?
Enfin voilà qui explique pourquoi aujourd'hui, pour l'instant, je me dis que je suis vraiment mieux toute seule ![]()
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