En terrain miné: le père indigne
Ma fille a eu 4 ans mercredi.
On a fait une super fête dans un parc de jeux avec ses copains et ses copines. 11 gamins!!!! dieu merci il y avait ma mère et Maurice en renforts lol
Comme toujours, elle est gâtée, elle est bien entourée.
Mais un père, ça manque toujours.
Elle en parle si souvent de son père. "Est-ce que mon papa vient me chercher à l'école? Et pourquoi mes copines elles ont un papa et moi j'en ai pas? Je veux que mon papa vienne me voir à ma maison et je veux voir la maison où mon papa il habite. Moi je suis triste parce que mon papa il est pas là..."
Alors pour ceux qui prennent le train en marche, j'ai connu Momo alors que j'étais en stage pendant ma formation d'éduc. 28 ans plus vieux que moi, il bossait comme homme d'entretien. Il avait quelque chose d'indéfinnissable, un charme certain sans même le faire exprès. Il était marié, avait des enfant, et était assez encré dans sa religion. C'est un harkis qui donc sans renoncer à ses origines avait en même temps très bien intégré les valeurs françaises.
Moi j'étais jeune et bête. Je ne croyais plus en l'amour, et j'avais eu déjà des déceptions telles que je préfèrais me contenter du plaisir immédiat tentant dans le même temps d'avoir un peu plus confiance en moi.
On était un peu pareils, ce besoin de plaire. Pas de façon ambigue, mais on avait ce besoin de séduire, de se faire aimer des autres. Très tchatcheurs donc. On a joué au chat et à la souris, sur le lieu de mon stage. Et le jour où on devait coucher ensemble, on n'a pas couché ensemble, on a fait l'amour. Je me suis sentie envahie par une vague d'angoisse et de mélancolie, j'étais amoureuse, et je savais que j'allais le perdre quand mon stage serait terminé. Et puis non, il était amoureux aussi, alors il a trouvé tout un tas d'excuse pour qu'on puisse s'appeler tous les jours, et se voir de temps en temps, à la sauvette, dans sa voiture, en pleine nature ou plus rarement chez moi dans un vrai lit. Je ne suis pas si naïve. M'aimer, c'était pour lui se rassurer sur sa capacité de plaire encore. Le démon de midi... l'amour est multiforme, c'est comme ça. Plusieurs fois on a faillit se faire griller par sa femme, plusieurs fois j'ai rompu et lui aussi, mais on n'arrivait jamais vraiment à se quitter. A l'été suivant, la séparation trop longue a mis notre relation à rude épreuve. Il voulait que je trouve quelqu'un d'autre, il se disait que je méritais mieux que ce qu'il avait à m'offrir. Pendant le mois d'Aout on s'est retrouvé, je pensais rompre, et quand je l'ai vu j'ai comprit que j'en étais incapable. On a fait l'amour.
19 jours plus tard je découvrais ma grossesse, glacée d'effroi.
Mais même si il ne restait pas, même si tot ou tard ça finirait et que cet enfant n'était pas désiré, ça restait le fruit d'une belle histoire. Une histoire difficile mais une belle histoire. J'ai dû encaisser beaucoup. Encore aujourd'hui, nombreux sont ceux qui me disent que je n'avais qu'à prendre la pillule et ne me croient pas quand je dis que je la prenais (on pense à une interférence avec un traitement encore peu connu pour arrêter de fumer). Et quand bien même alors j'aurais du avorter! Je le voulais au début, mais à l'éccographie, ce coeur qui bat, j'ai su que c'était impossible. Cette vie en moi était devenue ce qu'il y avait de plus important. Même ma culpabilité vis à vis de sa femme ce jour là s'est envolée. Alors voilà, la maîtresse est toujours une salope, et quand elle tombe enceinte c'est qu'elle le fait exprès, et elle devrait avorter. Tant qu'on a pas été "la maîtresse de" on ne peut pas comprendre, c'est normal, on se met dans la peau du trompé, beaucoup plus fréquente. Mais voilà, on ne choisit pas de détruire un couple, on ne choisit pas qui on aime et à quel point, on le subit ou on l'assume, mais on ne choisit pas. Et puis c'est facile de toujours mettre une grossesse sur le dos de la femme. Des amis hommes m'ont aidé à le comprendre ça. Aucune contraception n'est fiable à 100%, alors si un homme a envie de prendre son pied, il n'a qu'à assumer cette possibilité, et point barre, ras le bol des compromis.
Malgré tout, je ne lui ai rien demandé. Je ne me serais jamais permise d'aller sonner à sa porte et détruire sa vie. Je ne lui ai pas demandé de la quitter, ni de reconnaître son enfant ou de l'assumer financièrement, alors que 3 mois après la naissance de notre fille où il n'était même pas là, sa femme lui donnait un 6ème enfant! Je lui ai juste demandé un minimum de présence, la voir de temps en temps, et quoi qu'il arrive rester "joignable" pour que le jour venu où elle a des questions, il puisse lui répondre aussi. Il est donc venu de temps en temps jusqu'à ses 10 mois.
Ma fille, je lui ai toujours dit, "ton papa et moi on s'est aimé, on ne s'aime plus mais on est amis, et ton papa vivait déjà avec d'autres enfants et une autre maman quand je l'ai connu, et personne ne sait, ça aurait fait beaucoup de mal à beaucoup de monde, alors ton papa ne peut pas vivre avec nous, mais il pense quand même très fort à toi"
Pour ma fille, j'ai quitté mon travail, pour l'élever, et renoncé donc temporairement à la possiblité d'être indépendante. J'ai arrêté mes études. Si je n'avais pas fait ses choix, je serais éduc aujourd'hui, j'aurais un appart, et sans doute quelqu'un dans ma vie. J'ai temporaiement mis ma vie en suspens malgré mes qualités, mes compétences, pour que ma fille ait ce qu'il y a de mieux, une maman présente à défaut d'avoir un papa, ayant moi-même eu le bonheur d'être élevée par une super mamie qui reste mon modèle encore aujourd'hui. Et pour cela, j'ai encaissé, supporté les donneurs de leçons, les gens bien pensant qui trouvent que leur parcours est exemplaire et qu'à côté le mien fait de moi une assistée, un cas social, ou que sais je encore. Comme me l'a dit mon ami Fred un jour, j'ai fait des choix, ils sont miens, et personne ne peut les juger meilleurs ou moins bons que les siens, j'ai fait des choix, et tout le monde ne peut pas en dire autant (et toc!
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Désolée de m'étaler mais fallait que je vide mon sac, parce que j'en ai ma claque des gens qui m'affichent un large sourire en me traitant comme une merde...
Toujours est-il que lorsque ma fille a eu un an environ, son père m'a annoncé que je n'avais plus besoin de lui, que c'était mieux qu'on tourne la page. Par texto!
Je l'ai appelé, on a longuement parlé, et très clairement, sa conscience le travaillait trop, alors pour lui c'était plus simple de couper les ponts définitivement. Il a rayé notre fille de sa vie comme si nier son existence pouvait suffire à être bien avec lui-même.
Je lui en veux, je suis en colère.
Il y a quelques jours j'ai eu envie de lui claquer ma colère, pour me soulager. un petit texto "Lise vient d'avoir 4 ans et elle a réclamé après son père, indigne, de toute évidence".
Et là, le doute, son numéro est-il le même? J'ai appelé en numéro masqué avant, et en effet, son numéro n'était plus valide. Là dessus le doute me submèrge. Il avait de gros soucis de santé la dernière fois, il est plus âgé, et si... et si... et si il était mort?!
J'ai donc appelé un ami qui a le bras long (ben Maurice, justement lol). Et le verdict est sans appel, aucune trace, il semble ne plus habiter cette ville.
Sauf que ça ne colle pas, j'ai trouvé trace de son fils de 15 ans sur le net, il était propriétaire de sa maison et avait toujours habité cette ville. Quelque chose cloche, j'en suis sûre, je le ressends, j'ai un mauvais préssentiment.
Le pire, c'est que je ne peux m'empêcher de me dire que si il était mort ça serait plus simple, les réponses pour ma fille seraient plus faciles, il y aurait une tombe, un endroit où le "voir". Elle l'a à peine connu, alors dans ce cas "papa est mort" serait sans doute moins culpabilisant pour elle que "papa ne vient plus et je ne sais pas où il est". C'est horrible de penser une chose pareille. Et en même temps, même si je ne l'aime plus depuis longtemps, et que je lui en veut, je l'ai aimé si fort, c'est le père de ma fille, ça me fait très peur de découvrir que peut-être il lui est arrivé quelque chose.
Il faut que je sache, et je passerais par son lieu de travail pour le savoir, parce que si il est mort je dois le savoir, et que si il ne l'est pas compte tenu de son évidente lâcheté, je n'en ai plus rien à foutre que tout le monde autour de lui découvre sa vie cachée qu'il a préféré nier.
A l'école, ma fille prépare ses cadeaux pour la fête de mères et la fête des pères. Au départ elle m'a dit "je veux donner le cadeau à mon papa". Je lui ai dit bien embêtée que ce n'était pas possible, elle a insisté, elle en a même pleuré.
Alors je lui ai dit qu'il fallait qu'elle offre ce cadeau à quelqu'un à qui elle tient beaucoup, aussi fort qu'à un papa, quelqu'un qui n'est pas un papa, ne le sera jamais, mais sera toujours là pour elle. Quelqu'un qu'elle aime un petit peu comme un papa, et j'ai suggéré son papy, son tonton, ses parrains. Et avec la maîtresse nous lui avons à nouveau tenu ce discours il y a quelques jours. Ma fille m'a cloué le bec, elle nous a interrompu en disant "je veux l'offrir à Maurice" mdr!!!! Assez surprenant, mais bon, comme dit la maîtresse, il n'y a qu'elle qui puisse décider qui est pour le moment sa référence masculine, on ne peut que la soutenir en disant que dans tous les cas les parrains tonton et papy restent présents pour elle, et que Maurice est sommes toute un très bon choix, car c'est un bon papa, et que même si il n'est pas le sien il tient à elle, et qu'il nous a bien souvent prouvé qu'il était digne de confiance
Je te souhaite bonne chance pour la suite.
Nath
pour ce qui est du boulot, eh bien à l'époque c'était un 15 heures semaines, en contrat étudiant, je n'aurais pas eu plus en modifiant mon contrat mon employeur ayant son cota d'heures et étant sur la ballance financièrement (ça a fermé depuis d'ailleurs). Financièrement, c'est malheureux à dire mais j'avais plus intérêt à ne pas travailler et bénéficier de l'api que travailler 15h semaine, perdre mon api et dépenser mon salaire dans des frais de garde. quand à mon école d'éduc, je pouvais prendre un an de pause et reprendre, mais soyons francs ceux qui arretent reprennent rarement après, ce n'était pas un boulot pour moi, ma formation m'a juste servi de tremplin pour ma licence par la suite. Et au passage, notons que décrocher un licence aussi difficile avec mention à distance en élevant seule un enfant, c'est une sacrée preuve de détermination... mais là encore, certains ne voient que ce qui les arrangent, grand bien leur fasse si vivre avec les yeux bouchés de m... les satisfont ;) lol
j'étais seule, je voulais que ma fille puisse grandir avec moi, pas de garderie, de crèche, je ne juge pas ceux qui le font par choix ou obligation, simplement je n'ai pas été élevé comme cela et je souhaitais ce qui moi me semblait le mieux pour ma fille. allaiter à la demande, ça aurait été plus difficile en bossant, j'admire les mamans qui y parviennent sans sevrage précoce, elles sont rares!
J'espère que tes recherches aboutiront et je te souhaite bcp de courage, le plus important dans ce que tu racontes c'est l'amour qui est présent et c'est l'essentiel