Célib' et Nicolas, ou les démarches conjointes
Et oui, encore une petite lettre au Président, qu'il lira peut-être, si il en a le temps.... ![]()
En fait, il n'est plus certain que je l'envoie, mais je voulais quand même vous la faire partager, parce qu'elle résume bien la situation du paquet de noeud que j'essaie de défaire depuis quelques jours... Et pour dénouer les noeuds, je m'en sors plutôt pas mal. Le chef de cabinet du Président dans son courrier m'avait vivement souhaité l'aboutissement de "nos démarches conjointes", alors j'ai pas pu m'empêcher de le glisser dans ma lettre
Un peu moqueuse la Célib' des fois...
"Monsieur Sarkozy,
Il y a tout juste deux mois je recevais une réponse de votre Chef de Cabinet à mon courrier concernant mes difficultés à retrouver un emploi, et je souhaiterais vous donner des nouvelles et demander une fois de plus votre aide.
Sachez tout d’abord que j’ai retrouvé du travail. J’y reviens un peu plus loin.
En 2007/2008, j’ai validé une partie de mon Master 1 en sciences de l’éducation à Lille 3.
Je viens de retrouver un emploi en CAE comme médiatrice de réussite scolaire au Lycée ********** à *********. Je commence le 1er septembre 2009, et je suis bénéficiaire du RSA.
Dans la mesure où une moitié de diplôme ne sert pas à grand-chose et qu’il ne me manque que 7 Unités d’Enseignement à valider pour avoir mon Master 1 (et ma maîtrise, selon les nouvelles applications en vigueur), j’aimerais profiter de cette année pour terminer mon master par le biais de l’enseignement en e-learning.
Malheureusement, je me heurte à un problème de taille. Il semblerait qu’on ne puisse pas être bénéficiaire du RSA et étudiant en même temps. La CAF m’a expliqué que cette règle partait du principe que lorsqu’on peut se payer des études on n’a pas besoin du RSA. Mais je n’ai pas les moyens de me payer des études!
L’inscription en master coûte 235,57 euros. Et l’affiliation à la sécurité sociale (obligatoire, ce qui est incroyable lorsqu’on bénéficie de la CMU) coûte 198 euros. La modalité pédagogique par laquelle je souhaite terminer mon Master 1 (le e-learning) me coûterait 175 euros, que je suis tout à fait disposée à payer avec mon salaire.
- Même si un membre généreux de ma famille acceptait de me payer mon inscription administrative, le simple fait de devenir étudiante me priverait du RSA, et comme je suis en Contrat d’Accompagnement à l’Emploi, je ne répondrais plus aux critères de ce type de poste et je perdrais mon emploi.
- Si je choisi de m’inscrire en candidat libre, je pourrais suivre mes cours, ce qui serait un atout dans mon poste actuel et pour mes postes futurs. Sauf que je ne pourrais pas passer les épreuves, et donc pas de diplôme, je ne suis pas plus avancée.
- Je pourrais aussi demander à mon employeur de me payer mon inscription, puisqu’il est tenu de m’assurer une formation continue. Mais vous avouerez que demander une formation avant même d’avoir commencé à travailler c’est un peu déplacé. De plus j’aimerais garder cette option de côté, pour une formation courte et pourquoi pas plus professionnalisante. De plus, les inscriptions à la fac sont à faire en septembre au plus tard.
- Je pourrais demander le financement dans le cadre du PLIE, mais là encore j’en reviens au statut étudiant, et donc je perds mon RSA, et mon emploi.
- Enfin, et c’est la solution que j’aurais souhaité mettre en place, je peux demander à monter un dossier avec une assistante sociale du CROUS, afin de demander une bourse à échelon 0. Autrement dit, j’aurais le statut boursier, et je serais donc exonérée des frais d’inscription, mais je ne toucherais pas de bourse, ce qui est logique vu que je vais retravailler et avoir le RSA. Seulement voilà, une fois de plus, qui dit boursier dit étudiant, et qui dit étudiant dit plus de RSA et plus d’emploi.
Autrement dit pour continuer à toucher le RSA en complément de revenu, il faudrait que je renonce à ce projet un peu fou de finir mon année de master.
Je suis ravie d’avoir trouvé un travail passionnant et à la hauteur de mes qualifications, et je ne voudrais vraiment pas faire celle qui n’est jamais contente. Mais cet emploi si fabuleux soit-il pour moi n’est qu’à 20 heures hebdo et ne peut être reconduit au bout de deux ans, et pour ma part je n’aurais pas dit non pour travailler plus et plus longtemps (pssst "travailler plus pour gagner plus!!!" nan ça je l'ai pas mis dans ma lettre!
), pour ne plus avoir besoin d’être « assistée » du RSA. La seule chose que je demande, c’est un petit coup de pouce qui me permettrait de finir mon master 1 pour mieux rebondir à la fin de mon contrat. Je dois demain me rendre à la CAF de Lille afin de monter un dossier pour demander une dérogation au Président du Conseil Général, Monsieur Derosier. Mais j’avoue que je reste un peu septique sur les possibilités de reprendre mes cours à la rentrée.
Pour ces raisons je me suis permis de vous écrire à nouveau pour vous demander aide et conseil.
(...)
En comptant vivement sur nos démarches conjointes, je vous remercie par avance de l’attention que vous porterez à nouveau à ma lettre
(... formules de politesse habituelles....)"
Voilà, ça vous donne un peu une idée du gros bordel dans lequel je me suis lancée.
Depuis que j'ai écrit cette lettre mercredi, je suis passée à la CAF, reçue bien négligemment par une conseillère pressée de partir en vacances sans doute, qui m'explique que j'ai juste à faire une lettre mais que ce n'est pas la peine, il n'y aura pas de déro pour le RSA... Devant mon insistance elle conclut, "essayez d'écrire une lettre".
J'ai envoyé un mail au président du conseil général, pas de réponse. Ben oui hein faut pas rêver.
Et puis j'ai réussit à contacter l'assistante sociale qui avait suivi mon dossier au CROUS, et oh surprise, à mon nom, elle s'est tout de suite souvenu de moi! Nous avons RDV mardi matin pour essayer de voir si un échelon 0 est possible.
Et puis j'ai contacté ma référente PLIE qui adhère à mon raisonnement. Si l'échelon 0 est impossible elle montera un dossier pour que mon inscription et mes cours soient financés dans le cadre du PLIE.
Et puis enfin j'ai vu ma référente RSA, assistante sociale de l'UTPAS, qui adhère également à ma démarche, et va se renseigner lundi pour soutenir ma demande de dérogation auprès du Conseil Général, autrement dit... son patron!
Dans la mesure où je ne souhaite pas faire médecine pendant de nombreuses années, mais simplement suivre des cours à distance pendant un an pour un diplôme que j'ai déjà à moitié validé, elle ne voit pas de raisons qu'on me refuse ma reprise d'études.
Quand je vois comment je suis capable de me démenner pour obtenir gain de cause, je me dis que j'aurais peut-être dû devenir avocate ou procureure ![]()
Waouh, quelle semaine de fous..., j'en connais un qui doit être épuisé par nos démarches conjointes.