Célib' affronte sa peur

Publié le par Célib'

Mamie est toujours parmi nous.
Un vrai petit soldat.
Et après lui avoir dit au revoir, après l'avoir vu s'arrêter de respirer sans arrêt en se demandant si ça allait être finit, je me sentais incapable d'y aller aujourd'hui.

Aujourd'hui était une journée triste
Aujourd'hui était une belle journée pour affronter mes peurs.

C'est pourquoi j'ai décidé de ne pas annuler mon cours particulier d'équitation.
Le deuxième.

Un mois que je ne suis pas montée. J'arrive entousiaste pour cette nouvelle leçon, envie de galoper, envie de sauter des obstacles.
Me revoilà mordue, plus encore qu'avant... avec une idée qui trotte dans la tête. Vous vous souvenez ce projet auquel je pensais, aider des élèves en difficulté à partir du cheval... et bien Thierry, le patron du club, est entrain de monter un projet de ce genre, mais de plus grande envergure. Et après avoir discuté samedi dernier autour d'un verre, il est ressorti qu'il aurait besoin de quelqu'un à la tête de tout ça, pourquoi pas moi. J'ai le profil au niveau social, mais l'idéal serait d'avoir la double casquette. Donc une formation équestre pourrait être un plus.
Alors j'ai encore plus envie d'apprendre. Mais les niveaux des galops semblent avoir tellement changé!!! Il est question de changement de pied, je ne sais même pas ce que c'est!!!

Mon cheval semble un peu têtu aujourd'hui, voilà qui ne me rassure pas trop. Mais bon... En selle!
Et là, le gros stress, l'impression que j'ai déjà tout oublié! Je ne suis pas du tout à l'aise tout là haut, j'ai le vertige.
Mon moniteur voit tout de suite que je suis crispée, tendue, contractée. Mais il prend le temps, il sait qu'aujourd'hui je n'ai pas le moral, et il y va en douceur sans me brusquer. Petit à petit, le coup revient, je commence à me détendre et à retrouver le bon rythme, les bons gestes. Et c'est là qu'au trot il m'apprend comment on change de pied dans la diagonale!!! l'horizon s'ouvre à nouveau, j'apprends de nouvelles choses et très vite je parviens à les maitriser.

Et puis il me demande si je veux toujours galoper.
Le doute m'envahit. Euhhhhhhhhhhhhh
"j'aimerais bien, mais en longe"
Et il me rassure, me dit que ça va aller, et que si je ne le sens pas je pourrais repasser au trot. Que tout va bien se passer.
Bien entendu, ma poule, Nini, trouve le moyen de débarquer à ce moment là pour y inscrire sa belle fille. Waaaaa manquerait plus qu'en plus de me casser la gueule je le fasse en public!!!!

Premier essai, ça secoue, je ne me sens pas stable et j'ai peur de tomber sur le coté ou de valser par dessus ma monture. Franchement, le rodéo en chambre c'est vachement plus facile!
Je repasse au trot, j'ai trop la trouille.
Il m'explique que je suis trop crispée, et que si je me laisse porter en me penchant en arrière, sans chercher à resister avec mes jambes, ça va très bien se passer.

Allez Célib', courage, dans la vie faut savoir se jeter à l'eau!
Mon cheval part au galop, je garde ma trouille au ventre et j'en oublie à moitié de respirer. Mais cette fois ci je me laisse porter, assise comme dans un fauteuil. Ca secoue là haut, ça va plus vite que d'habitude. J'ai toujours un peu peur, mais là d'un coup, cette bouffée d'air qui me fouette le visage, c'est une sensation dont j'ignorais l'existence. C'est tout simplement génial!!!
"C'est comment?"
"Flippant et génial en même temps"

Et oui, c'est bien plus confortable que ce que j'avais imaginé. C'est même tout simplement exaltant. J'aurais presque continué encore un peu. Mathieu me dit qu'on en reste là pour aujourd'hui, je ramène mon cheval au boxe, et à peine dix minutes plus tard, tout le monde ici semble au courant que j'y suis arrivée.
"Ca y est, elle l'a fait, elle a galopé" a-t-il raconté à qui voulait l'entendre. C'est dire le scoop, il devait être de notoriété publique que je faisait un gros blocage.
Les seules fois où j'avais galopé par le passé, c'est parce que pour x raisons mon cheval s'était emballé, et au final j'avais finit par terre et endolorie. Je les voyais galoper avec aisance, comme si c'était facile, mais une fois sur le dos d'un cheval, tout me paraissait beaucoup plus inquiétant.

Je suis sortie de là dans un état presque euphorique. "Ca se voit que t'as ça dans le sang", me dit ma poule. Lorsque j'ai réalisé que j'y étais arrivée, tous les soucis se sont envolés l'espace de quelques instants. Ca fait très scène de film, mais galoper c'est une sensation de liberté.

Je sais que la prochaine fois sera une autre étape, et que je n'ai pas vaincu ma peur. Mais aujourd'hui je l'ai affronté, et j'y ai trouvé du plaisir. J'ai hâte d'être au prochain cours pour la dépasser une bonne fois pour toutes, car comme me l'a fait comprendre mon moniteur aujour'hui, c'est ridicule de monter à cheval en ayant peur de tomber, car on ne peut jamais monter à cheval sans chuter parfois.
On tombe, et on remonte. Et on tombe encore, et on remonte. C'est le lot de tout cavalier, et on ne doit jamais s'y arrêter.
C'est une histoire d'amour, l'équitation, et si on aime, on y retourne, peu importe les chutes.

C'est un peu comme la vie, au fond, on tombe, et on se relève toujours, et on continue d'avancer encore en sachant qu'on retombera encore. Parce qu'au delà de toutes les difficultés on aime ce sentiment de vivre.

Publicité

Publié dans CELIB' FAIT SON NID

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article