Un sursis
Hier, j'ai emmené la meilleure amie de mamie la voir à l'hôpital. Je me disais, "bon sang c'est pas possible elle attend forcément quelque chose pour s'accrocher encore comme ça".
Alors j'ai pensé que c'était ça, dire au revoir à son amie d'enfance.
J'ai emmené ce petit bout de femme haute comme trois pommes au chevet de mamie. Et fallait s'accrocher, à la voir pleurer comme ça en la sachant cardiaque, elle qui allait se sentir perdue sans son Emilienne.
Mais mamie a continué de s'accrocher.
Et puis ce soir, j'ai eu une idée. Mamie est très croyante. J'ai appelé l'hôpital en demandant si elle avait eu l'extrême onction. On m'a proposé de faire venir le prêtre demain matin. Mais une bonne soeur était sur place et a demandé si je voulais qu'elle lui fasse une prière dans sa chambre. J'ai dit oui. J'ai raccroché le téléphone la laissant faire cette prière. Il était 20h10. je ne pensais pas avoir visé à ce point dans le mile. Mamie avait enfin eu ce qu'elle attendait en s'accrochant. A 20h30, elle nous a quitté.
La douleur est immense. Et la déception aussi envers certaines personnes qui auraient pu prendre de mes nouvelles pour changer (car dans leur cas c'est souvent moi qui appelle) et se rendre compte à quel point j'étais au bout du rouleau.
Mamie a été un vrai petit soldat jusqu'au bout, elle est enfin délivrée.
J'ai été un vrai petit soldat pendant deux mois également, et j'ai porté sur mes épaules plus que je ne le pouvais. Je suis épuisée, lessivée. Je suis anéantie et heureuse en même temps de pouvoir commencer à faire mon deuil et me dire que au moins sa mort aura servi à réunir notre famille.
Je voudrais remercier l'immense humanité du personnel du service palliatif de l'hopital Dron à Tourcoing. Je voudrais remercier les rares amis qui ont su m'épauler dans cette épreuve, en particulier Indy, Nini, et Caro, vous remercier vous qui ne m'ayant jamais vu avez su être plus présents que certains que je connais depuis des années et qui ont brillé par leur absence, ne sachant même pas ce que je traversais puisque ne songeant même plus à me téléphoner.
Je suis au bout du rouleau, il faut que j'aide maman à préparer la suite, et aussi que je me retape une santé. Parce que comme mamie quoi qu'il arrive et coute que coute je suis une battante.
Demain je n'irais pas travailler, demain je vais pour la première fois depuis deux mois et demi tenter de me reposer. Après les démarches, j'irais là où j'ai pu trouver un refuge, vous l'aurez deviné, avec les chevaux, bien meilleure compagnie que la plupart des hommes ![]()
La semaine qui arrive je serais donc silencieuse ici.
Enfin, je voulais aussi vous prévenir de la création d'un nouveau blog, destiné à mon combat contre la maltraitance à l'hôpital, où je raconte tout ce qu'à vécu mamie à l'hôpital st philibert de lomme et les démarches réalisées depuis, vous verrez que ça bouge, mais qu'il est dur de mettre fin à la loi du silence. Si vous avez des connaissances dans le nord, je vous demande de bien vouloir leur donner l'adresse en leur demandant de faire tourner, qui sait, ainsi, peut etre d'autres témoignages viendront s'ajouter sur cet endroit pour faire avancer les choses.
http://victimesdelhopital59.over-blog.org/
Merci à tout et à toutes pour votre soutien.
Au revoir mamie.
"On est obligés de constater que la vie, chaque seconde de la vie, n'est qu'un sursis".
Savourez chaque instant!