Le ptit soldat
Merci encore à tous et à toutes pour votre soutien.
Mamie Emilienne nous a quitté. Elle est partie rejoindre mon papy Jean, décédé il y a déjà 10 ans. Nous sommes tous ici accablés par la même peine.
Mamie était de celle qui ne passait pas inaperçue. Qui ne l'a jamais vu passer sur son fameux vélo, avec ses habits de jeunette, son cabas sous le bras du haut de ses 81 ans?
Je pourrais vous dire qu’elle a élevé deux enfants, qu’elle m’a élevé et transmis toutes les valeurs que je défends aujourd’hui, que ses 4 autres petits enfants et son arrière petite fille étaient les trésors de sa vie, qu’elle a accompagné son mari, vaincu deux fois la maladie, toujours remis le travail à l’ouvrage. Mais ça ne servirait pas à grand-chose de dire tout cela. Car nous le savons tous.
Nous sommes tous régulièrement confrontés à une multitude d’obstacles, d’épreuves. Perte d’un être cher, problèmes financiers, difficultés professionnelles, problèmes de santé, disputes avec nos proches ou nos amis, sentiment de lassitude. Nous avons tous par moments le sentiment de vivre des choses trop pénibles, et l’envie de baisser les bras, de nous apitoyer sur nous-mêmes. Nos propres peines nous submergent parfois à tel point que nous ne parvenons pas à voir celle des autres.
Ce que je veux dire aujourd’hui, c’est que mamie Emilienne nous apporte à ce titre une vraie leçon de vie.
L’optimisme qu’elle a affiché tout au long de sa vie, jusqu’aux derniers jours, la ténacité dont elle a toujours fait preuve, jusqu’à refuser de partir jusqu’à ce qu’une personne à l’hôpital vienne lui dire la prière qu’elle attendait, doivent aujourd’hui nous faire prendre conscience qu’aucune de ses choses n’est insurmontable, que chaque chose ne fait que passer, et surtout que nous accordons souvent trop d’importances à des détails sans voir l’évidence de l’essentiel.
Elle nous a montré que ce qui compte n’est pas tant l’endroit où l’on se rend que la façon dont on y va. C’est la leçon de cette épicurienne : le bonheur n’est pas au bout du chemin, il est le chemin. Toute sa vie elle a apprécié chaque bon moment avec simplicité, savourant chaque petit bonheur.
S'attacher à quelqu'un, c'est prendre le risque de le perdre. C'est triste, mais c'est le cycle naturel de la vie, car depuis la naissance et pour nous tous, nous sommes obligés de constater que la vie, chaque seconde de la vie, est un sursis. C'est pourquoi nous nous devons de la vivre pleinement à chaque instant.
Quelques soient les épreuves que nous traversons, quelques soient les choix qui dictent nos vies, nous avons tous en nous la force de nous relever lorsque nous tombons, de retrouver l’espoir lorsque nous doutons. Nous avons tous en nous la capacité de profiter de notre vie comme elle l’a fait, et d’être heureux.
Célébrons sa mémoire en savourant chaque moment de joie, et en affrontant la tête haute chaque moment difficile.
Mamie, tu étais ma deuxième maman, tu me manqueras. Mais je sais qu’un peu de ton sang coule en moi, que tu fais partie de moi. Puisse Dieu m’en être témoin, tu seras à chaque pas mon modèle dans ces valeurs essentielles que tu m’as transmises : coûte que coûte, le goût de la vie, et le sens de la combativité. Alors un jour je serais devenue comme toi, un vrai petit soldat.