En dehors du temps
Mardi fut une journée éreintante.
La messe, mon texte à lire, tous ces gens, famille, amis, voisins, qui pleuraient.
Heureusement que j'avais avec moi mes deux meilleurs amis, Indy et Jérémy.
En sortant de l'Eglise, c'était devenu tellement pesant que je me suis écroulée dans les bras de Jérém.
Et puis il a fallut être forte, pour les enfants.
Et puis l'enterrement, et mes yeux qui ne décollaient pas de cette boîte qu'on descendait dans un trou. Là, au même endroit où fut entérré mon grand père il y a dix ans.
Et puis le repas chez ma mère après, retrouver toute la famille, les nerfs qui lachent et les fous rire idiots, comme souvent dans ces circonstances.
C'est bon de retrouver sa famille. On a tous décidé de ne plus se perdre de vue, pour le temps que ça tiendra... C'est dingue comme sa disparition a pu boulverser tout le monde.
Ils sont partis vers 17h. Et j'ai aidé maman à ranger, et à régler la paperasse pour prévenir les différentes administrations.
Le soir, je suis rentrée chez moi excédée, exténuée.
Je me suis couchée en me disant que j'allais enfin commencer à faire mon deuil.
Mais rien n'est moins simple. Hier je suis retournée au cimetierre. Je pensais que ça serait plus facile, sans tout ce cérémonial et tous ces gens en peine.
Mais je me trompais. Toute seule c'est encore plus dur de s'écrouler devant une tombe.
C'est bizarre, depuis jeudi dernier j'ai l'impression que tout cela est iréél. Je ne réalise pas encore. Je sais qu'elle est morte, mais c'est comme si elle ne l'était pas, comme si demain j'allais la croiser sur son vélo, ou passer la voir chez elle. Je n'arrive pas à accepter sa mort, à réaliser.
J'ai l'impression de vivre en dehors du temps.