Célib' en charade maussade
Mon premier est indécent et libéré:
9h ce matin, RDV avec mon sexfriend. Mais nan pas Karev! Ben oui hein, il n'y a jamais eu que lui! J'ai quand même un autre sexfriend avec qui celui là il n'y a aucune ambiguité. On est copains, et on s'autorise des petits extras. Et je dois dire qu'entre mon abstinence forcée faute de temps et de moral depuis mon retour de vacances et mon rêve frustrant avec Bibi (d'ailleurs là aussi faudra que je vous raconte, y'a du nouveau!), j'avais vraiment besoin de me détendre depuis quelques jours, et pour le coup, c'est plutôt réussi.
Bon, les filles, faut que je vous demande un truc. Parce que moi aucun mec n'a jamais réussi à me faire grimper aux rideaux. Enfin si, et c'est même génial, mais c'est parce que j'ajoute la main à la patte pour atteindre le nirvana. Mais ce matin, je sais pas si c'est à cause de mes soucis ou la pression ou autre, mais le loulou il y est arrivé tout seul comme un grand. Mais c'était pas comme d'habitude. Alors voilà les filles, dites moi franchement, est ce que ça vous est déjà arrivé d'avoir un orgasme au point d'en pleurer? Mais je veux dire vraiment hein, à chaudes larmes et de façon complétement incontrôlable???![]()
Mon second est un cas à part malgré lui qui défie les lois:
Après ça, course contre la montre, demain les inscriptions à la fac seront bouclées. Le financement de l'enseignement à distance a été accepté mais celui de l'inscription à la fac refusé. Ceci dit, mamie ayant insisté pour me le payer, le problème n'est pas vraiment là. Depuis deux mois et demi que je me bats pour me réinscrire en master 1, j'ai des sons de cloches différents et c'est un vrai parcours du combattant. Comme je n'ai que 26 ans et pas 28, je suis censée m'affilier à la sécu étudiante. Le hic, c'est que je touche le RSA, et que les deux sont incompatibles. Si je m'affilie à la Sécu étudiante, je perds mon statut salariée au profit du statut étudiant, et donc je perds mon RSA. Et comme le RSA est la condition de mon contrat de travail, je perds mon travail! Seule solution, travailler plus de 60 heures par mois, ce qui est mon cas, et être embauchée durant toute l'année universitaire. Le hic, c'est que l'université, qui valide les examens en Juin, donne le statut étudiant jusqu'au 30 septembre suivant. Hors, mon contrat se termine le 31 aout. Bien sûr il n'y a pas de raison qu'il ne soit pas renouvelé pour un an, mais comme ça n'est pas écrit au départ, ça ne va pas. Donc pour mon RDV à la fac demain, je dois donc fournir un papier même un peu informel de mon employeur comme quoi je serais en contrat jusqu'au 30 septembre. Mais mon employeur ne veut pas, car ça serait un faux. Voilà tout le problème, partout où je vais on me dit que je suis un cas à part. Mais célib' en a marre d'être un cas à part tout ça parce qu'elle ne rentre pas dans des cases stupides. Le droit aux études il est pour tous non??? Donc je suis rentrée chez moi en rage, déprimée, avec la ferme intention de me démerder toute seule pour duper l'université. Je ne vous direz pas comment, c'est pas catholique du tout. je vous dirais demain si ça a marché, et si c'est le cas, je vous expliquerez ma supercherie dans un an quand j'aurais mon diplôme et qu'on ne pourra plus me le reprendre.
Mon troisième est vulnérable et à deux doigts de craquer:
Cet après midi, visite à l'hôpital. Mamie est de plus en plus faible, soudain même le petit break du matin me semble bien loin. Elle est incohérente, elle ne tient plus sur ses jambes et le moindre effort lui fait horriblement mal. C'est comme si c'était devenu une autre personne. Je sors de là dépitée, avec une furieuse envie de me bourrer la gueule jusqu'à plus soif, moi qui ne supporte même plus la vue de l'alcool.
J'attéris dans le bureau de la psy du service, adorable, rassurante, qui sait trouver les mots justes. Elle me propose une séance de sophro la semaine prochaine. Elle dit que je pense à protéger et soutenir tout le monde, mais que je m'oublie moi. Pourtant, le coiffeur, le pédicure, la fête du cheval, mon travail, mes projets... Oui mais non, faut bien l'admettre, elle a raison, toutes ces choses, je les fais l'esprit accaparé, et je les fait juste pour avoir une bonne excuse pour ne pas m'arrêter et écouter mes émotions et besoins. Et le problème , c'est que je ne sais plus déconnecter. J'irais donc à la sophro, un peu septique mais pourquoi pas, et je me dis que cette idée de reprendre l'équitation est excellente, parce que c'est vraiment un truc complétement égoiste pendant lequel je ne pense à rien d'autre. Et puis elle m'aide à trouver les mots pour expliquer à ma fille, à qui je ne parle pas de sa mamie depuis le début, car je ne sais pas quoi lui dire, et j'ai peur de ses questions. Si j'avais su à quel point j'avais raison de les redouter, j'étais bien loin de m'imaginer tout ce qu'elle pourrait demander.
Mon troisième a très envie d'être mal élevée et mal polie:
16h39, je récupère ma fille à l'école avec 4 minutes de retard, j'ai roulé comme une cinglée sur l'autoroute pour revenir à temps de l'hôpital. J'ai une tronche à faire peur au yéti- s'il existe-, et les yeux tous bouffis d'avoir pleuré dans la voiture. En passant la porte, je demande à ma fille de faire bisou clown à la Directrice de l'école. Comme cette dernière me mettait la pression l'an dernier pour qu'elle dise au revoir et bonjour, c'est l'alternative qu'on a trouvé. Mais là, Lise n'est de toute évidence pas décidée. Je n'insiste pas trop. Et ça y est, la vieille mégère remet ça sur le tapis! Y 'a des jours où je me demande ce qui m'a prit de la mettre dans cette école. Je connais d'autres mamans qui ne se prennent jamais de réflexions au sujet du boubou qui dit pas au revoir. Mais moi je dois manifestemment faire tache d'huile dans le décor. Seule, un seul enfant, pas catho du tout et pas du tout militante de l'asso des parents d'élèves très BCBG qui passent des heures à parler chiffon et autre devant la grande porte d'entrée. La plupart ont 2 à 6 enfants, sont mariées dans les règles... Je comprends un peu ma fille qui est du genre réservée. La directrice, c'est le genre grande perche au look de vieille fille qui ferait pas mal d'étendre ses pratiques sexuelles (si toutefois elle en a) à des variantes plus dévergondées histoire de se décoincer un peu!
Et donc, ça a pas manqué, je me suis pris une réflexion, non seulement parce que Lise ne veut pas faire bisou clown, mais en plus parce qu'elle estime que "au revoir" avec la bouche est désormais plus adapté à ma fille qui est une grande. Et puis avec le ton qui s'impose biensur! Histoire de me faire encore une fois bien culpabiliser de faire ce que je peux en élevant seule ma gamine. Là dessus je lui réponds gentillement qu'en ce moment c'est pas trop ma priorité, que l'ambiance est pas terrible chez moi pour Lise et je lui explique ce qu'à mamie. Vous penserez qu'une directrice d'école catholique est pleine de compassion... elle me rétorque, face à mon visage larmoyant et déconfis, que oui mais quand même, bonjour et au revoir c'est le minimum et que je dois insister. Je lui dis donc que Lise est suivie par une psy, et que cette dernière m'a dit qu'on devait le demander simplement mais ne surtout plus insister, qu'en nous voyant être polies elle le deviendrait aussi d'elle même et que lui mettre la pression ne ferait que la braquer encore plus. Et elle me répond à nouveau que oui mais quand même c'est important il faut insister. Quand on sait que règulièrement mon père et moi on lui dit bonjour et au revoir sans qu'elle daigne nous répondre! Donc jeudi, si Lise ne dit pas bonjour et que je me fais encore engueuler, je la déposerais en classe et j'irais trouver mme la directrice pour lui dire ma façon de penser. Et croyez moi ou pas, je suis prête à parier qu'elle me trouvera très impolie et mal élevée!
Mon quatrième ne sait pas s'y prendre:
Ce soir dans le lit, discussion avec ma fille. Je lui explique. Elle est triste. Elle me dit qu'elle ne veut pas que sa mamie meurt lorsqu'elle comprend que mourir c'est irréversible. ELle me demande si elle va beaucoup saigner. Comme quoi, je ne pensais pas que ma fille pouvait s'imaginer de telles choses. Je la rassure en lui disant qu'elle est très vieille et très malade et qu'elle va s'endormir et qu'elle sera morte. Et là, Lise me demande si demain quand je vais la réveiller elle sera morte elle aussi!!! L'horreur, dans quoi je me suis lancée là!
Ensuite, elle me demande si elle pourra rester avec mamie quand elle va mourir, et si elle pourra la regarder et la toucher quand elle sera morte. Nan mais vous imaginez la difficulté de répondre à ça sans s'emporter!
Et puis je lui explique que beaucoup de gens pensent que lorsque quelqu'un meurt, il monte au ciel dans un endroit merveilleux appelé le paradis. Elle demande si c'est vraiment vrai, alors je dis que c'est possible mais que je n'en sais rien. Je lui explique que quand quelqu'un qu'on aime meurt, ça rend très triste et qu'on a le droit d'en parler et de pleurer, mais que c'est normal car c'est le cycle de la vie, que dans une famille on a le même sang qui coule dans nos veines et que donc les proches qui meurent continuent à faire partie de nous, restent dans notre coeur et qu'on ne les oublie pas, qu'on se rappelle les bons souvenirs. Et donc j'évoque de beaux souvenirs de ma fille avec mamie.
Jusqu'à présent je trouve que je m'en étais pas trop mal tirée. Mais il aura fallut que ma fille pose les questions qui tuent: "maman est ce que toi tu vas mourir et est ce que moi je vais mourir?"
Tant bien que mal, je lui ai expliqué que je mourrais très très vieille alors que je serais mamie parce qu'elle aura des enfants. "Maman, je veux pas que tu meurs, je veux que tu restes là avec moi quand tu seras très vieille"
Et puis j'en arrive à lui expliquer que mamie a 81 ans et elle 4, et que donc elle ne va pas mourir, que c'est dans très très très longtemps.
Et elle s'est mise à pleurer à chaudes larmes en disant qu'elle ne voulait pas mourir.
J'ai eu beaucoup de mal à l'apaiser sur ce sujet, mais elle est d'accord pour qu'on en parle toutes les deux avec la psychologue.
Avec ça si elle ne fait pas de cauchemard cette nuit, j'aurais de la chance! La pauvre, lui expliquer si jeune que quand on meurt on ne revit pas après, alors que cette compréhension n'intervient jamais avant 7 ou 8 ans.
Moi qui voulait surtout lui donner un regard sur la mort plus serein que le mien, j'ai l'impression que c'est loupé.
Mon tout est tellement lessivée et perdue qu'elle s'apprête à l'instant à couper son pc pour la nuit et à descendre se fumer un bon petit joint offert aujourd'hui par un garçon qui l'a fait pleurer:
C'est MOI!!!!
Dicton du jour:
En ces temps difficiles, on est bien mieux quand on est stone que quand on est lucide!